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 Y'a quelqu'un ? [PV Jeni D. Yumi]

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MessageSujet: Y'a quelqu'un ? [PV Jeni D. Yumi]   Jeu 5 Fév - 10:46



&


Y'a quelqu'un ?



Je laisse tomber mon sac sur le parvis de la rue, et je soupire longuement. Quand je vois passer les gens, derrière, sur leurs jolis poneys, j'ai presque envie de rire. Mais dans ma situation, mieux vaut être capable de s'adapter très rapidement à toutes sortes de contextes. C'est une bien belle journée d'hiver, le ciel est d'un bleu limpide et malgré mon oeil nouvellement invalide, je profite des rayons du soleil comme tout un chacun. Je fixe le ciel quelques secondes, me délectant de ces rares journées pendant lesquelles aucun nuage n'ose prendre place, et je pourrais presque sourire de voir les beaux jours revenir. Si Evelyn était là, elle me ferait une remarque de sa voix douce, et me dirait probablement qu'elle meurt d'envie d'aller faire une promenade dans les bois. Il faut encore se couvrir par ce froid mordant, mais ça ne la freinerait pas. Je souris doucement, Evy' adore les belles journées comme celle-ci. Et je baisse les yeux, je soupire à nouveau. Evy' n'est plus ici. Elle est montée bien loin au-dessus des nuages, et là-haut je sais que le ciel est toujours bleu, que rien ne peut empêcher ma soeur devoir se lever le soleil. J'essaie, chaque jour, de me répéter ces quelques mots. Mais il n'y a rien à faire, je reste persuadé qu'elle va débarquer d'un moment à l'autre.

Je marche dans les rues sans réfléchir, pendant une heure ou deux. Parfois je regarde l'écran de mon portable pour voir si je n'ai pas un message de ma soeur. Pur réflexe habituel. Un jour, comme le reste, il disparaîtra. Tout ne sera plus qu'un amas de souvenirs enchaînés les uns aux autres, au fin fond de mon esprit esseulé. Quand je me suis réveillé, il y a quatre ans, je me sentais comme un enfant orphelin, un pauvre cabot abandonné par ses maîtres. Au final, j'étais bien un orphelin, mais j'étais loin d'être seul. Au fond de moi, j'ai toujours senti qu'il y avait quelqu'un, quelque part, qui m'attendait ou qui veillait sur moi, d'une certaine façon. Je sentais la présence de ma soeur, en quelque sorte. Et aujourd'hui, malgré cette douleur sourde que je terre au fond de moi, je sens encore sa présence. Je ne parviens pas à réaliser que tout ça est terminé, qu'une nouvelle vie s'annonce, encore. J'en ai simplement marre de ces recommencements incessants. J'aimerais ne jamais avoir été ce petit garçon protecteur, cet adolescent violent, cet amant maudit, ce grand frère désespéré, ce lâcheur impardonnable et ce meurtrier sanguinaire. Ca en fait, des vies, n'est-ce pas ? Et voilà la septième qui commence, loin du reste. Je ramasse mon sac.

A chaque fois que je pensais au passé, je voyais peu de chose. Parfois je sentais un parfum d'abricot, d'autres, c'était comme un voile argenté, protecteur, qui rendait flou les souvenirs. Plus tard, c'étaient deux magnifiques orbes émeraudes qui me hantaient. Et aujourd'hui, bien malgré moi, c'est un regard vairon, doux, inoubliable, qui a estompé tout le reste. Il n'y a plus rien dans ma tête, autre que cette mélodie. Autre que ce souvenir d'une fatigue partagée, d'un don de soi qui me paraissait si logique que mourir ce jour-là, dans cette arrière salle du terrain de sport, ne m'aurait pas posé problème et ne m'aurait pas paru absurde. Je souris légèrement, en fixant le sol, mon sac lâchement posé sur mon dos. Je me fais bousculer par quelqu'un. Le type me fixe dans les yeux, l'air d'attendre mes excuses alors que c'est lui qui m'est rentré dedans. L'instant d'après, j'ai relevé la tête et je le toise. Mes sourcils se froncent, même si un seul oeil voit mon assaillant. Ma lèvre inférieure se retrousse telle la babine d'Isha, menaçant l'inconnu, le défiant littéralement. Il hésite une seconde, mais se décale d'un pas et s'éloigne en silence. Je perçois ses grognements quand il est à bonne distance. Pauvre con.

Finalement, sans vraiment avoir réfléchis à l'idée, je passe la porte d'une petite boutique. J'ai encore le temps de traîner, je pourrais toujours dire à l'administration du bahut que je me suis perdu en ville. Bordel ... Etudiant à vingt-deux ans ... Quelle plaie. Je grogne doucement en pénétrant dans la petite salle. Des centaines de motifs ornent les murs et quelques étagères. D'autres de ces dernières sont habillées par de petits objets métalliques. Boucles d'oreilles, piercings, bagues en tous genres ... Tant de possibilité pour chaque personne entrant ici. Mais moi, je sais déjà ce que je veux. Quand ma soeur est partie, j'avais déjà dessiné ce truc dans un coin de feuille, au pensionnat. Et je m'suis dit que pour commencer cette énième existence, ce serait un bon départ. J'arpente la petite salle, je balaye les différentes offres de mon regard semi-azur, et je cherche la présence d'une quelconque entité. Personne. Je soupire, ces mecs-là sont jamais dispo' tout d'suite. Il est certainement en train de faire un client dans l'arrière salle. Mais lorsque je tends l'oreille, je n'entends rien. Rien d'autre que le silence, et des froissements imperceptibles. Vêtements ? Feuilles ? Je ne saurais trop faire la différence. Je pose mon motif sur le comptoir et je le fixe, puis j'appelle assez fort pour qu'on m'entende de derrière, laissant la porte de l'arrière-salle à ma gauche, et ne pouvant la voir de mon oeil invalide.

- Y'a quelqu'un ? J'voudrais un tatouage.

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MessageSujet: Re: Y'a quelqu'un ? [PV Jeni D. Yumi]   Ven 6 Fév - 21:57

Y'a quelqu'un?
Jeni& Raven

https://www.youtube.com/watch?v=zbUTB7TGpbM

Les rayons pâles du soleil hivernal pointaient par le carreau de la seule chambre du studio. Elle était située à l'arrière de la cuisine, ou de son atelier, ça revenait au même. Quand la lumière vint frapper le visage de la seule humaine des lieux, elle eut pour mauvaise surprise de rencontrer un faciès aux yeux ouverts, fixés sur le plafond. Les deux orbes bicolores suivaient les fissures du placo au-dessus de sa tête, une main emmêlé dans les poils drus de son compagnon allongé à ses côté. D'après lui elle avait fait un cauchemar. Ce qui expliquait la raison de son réveil plutôt précoce par rapport à d'habitude.

Son horloge interne lui indiquait quelque chose comme 8h30, peut-être un peu plus. Quoiqu'il en soit, la brune ne comptait pas rester affalée en mode loque pendant des lustres, et se décida donc à balancer ses jambes hors du lit. Un éclair passa devant ses yeux. Sa tête retomba vers le bas, les paupières closes et les doigts serrés sur les bords du matelas. Elle resta ainsi quelques minutes, le temps que le pincement s'efface totalement du creu de sa poitrine. Sa main se posa sur son coeur, le poing fermé, tandis qu'elle reprenait peu à peu sa respiration. Encore un blocage. Elle détestait ça.
La truffe humide de Nocturne vint se coller à son flanc marqué, ce qui eut pour effet de la faire sursauter. Encore quelques instants et la demoiselle était sur pieds, se dirigeant désormais de sa démarche fluide vers l'un des seuls meubles qui peuplait la pièce. Quand on faisait le tour du lieu, on trouvait celui-ci singulièrement anonyme. Aucune trace de personnalité de quelque sorte que ce soit. Les murs se trouvaient être gris clairs et nus, le lit, un petit deux places, avait pour attelage que les minces draps blancs qui la couvraient la nuit. Et la fenêtre un peu plus loin n'était qu'un simple cadre de bois, tout comme la porte. Une armoire, une chaise et un bureau. Dont elle ne se servait presque jamais.

La-dite armoire fut ouverte nonchalamment, le battant droit allant claquer contre le mur alors que le jeune femme en sortait un jean taille basse noir et un haut gris en maille sur les bras. Quelques sous vêtements, ses dock's et c'est tout. De son côté, Nocturne se contentait de s'étirer langoureusement et de s'ébrouer comme s'il sortait de l'eau. L'avantage d'être un loup, pas besoin de s'habiller.
Un rapide tour dans la salle de bain, juste à côté de sa chambre, permit à la tatoueuse de faire une toilette rapide. Après quoi, elle partit mordre dans une barre de céréales. Son seul aliment nutritif de la journée. C'était le genre de barre de survie que consommait les militaires. Vous voyez celles avec des protéines du sucres et des vitamines A, B, C, W, TZ46. Ouais je sais pas si elles existent celles-là.

Après quoi, le louve retourna s'asseoir dans sa chambre, et commença à sortir des feuilles de comptes. Même ici, ça ne voulait pas dire qu'elle n'avait pas de boulot en rapport avec le milieu. Rewan était plus qu'exigent, surtout niveau paperasse, et même en cas d'absence, elle s'était fait pour promesse de ne jamais le décevoir.
Un courant d'air glacial vit voleter plusieurs feuilles jusqu'au sol. Jeni tourna la tête vers la porte de sa chambre. Quelqu'un venait de franchir le seuil de son domaine. Qui? Aucune idée.

- Y'a quelqu'un ? J'voudrais un tatouage.

En même temps, la voix lui était légèrement parlante. La brune secoua à la tête. Mais à l'entrée de la chambre, elle put entendre Nocturne gronder. Ses muscles étaient tendus par l'agitation, on aurait dit qu'il voulait à tout prix sauter sur l'arrivant pour l'égorger. Ayant ramasser ses papiers, l'artiste se dirigea vers la porte, lâchant assez fort pour que l'inconnu l'entende.

-J'me doute que t'es pas ici pour un verre. Je paye jamais.

A bien y repenser, elle était tatoueuse et perceuse. Mais bon, depuis le départ, elle avait dû percer trois personnes en tout. Pas fructueux tout ça. En même temps, il paraît qu'elle faisait mal. Vu la taille de ses instruments de torture, ce n'était pas franchement étonnant.
Elle sortit de la pièce, l'air froid la faisant frissonner, et alla directement au comptoir sans même regarder le client. Elle coinça entre temps une cigarette dans sa bouche, qu'elle se refusa d'allumer comme toujours. Ses doigts fins prirent rapidement la feuille et ses deux orbes bicolores parcoururent les lignes à l'encre noir. Très beau katana.

-C'pour où? Quelles dimensions?


Finalement, elle daigna lever les yeux vers l'inconnu pas si inconnu que ça. ... Son visage lui disait quelque chose. Non, tout lui rappelait quelque chose. La tignasse ébène, les lignes de son visage, le tracé de son cou et la force de ses bras, la musculature de son torse. Tout. Sauf l'oeil désormais bleu glace, qui autrefois avait été bleu océan.
Jeni sentit comme un choc dans sa poitrine, comme si son coeur qui avait été jadis actif, et ensuite reprit pour mort, s'était relancé d'un coup. Mais elle se reprit. Son visage passa du neutre, au froid, sa lèvre supérieure se retroussa, ses dents pointus se serrèrent et son regard se fit plus dur que l'acier. Sa voix désormais tranchante et agressive fusa dans l'air, comme un couteau lancé avec une précision extrème.

-Qu'est-ce que tu veux?

Aucune diplomatie. Toute son attitude, la cambrure de son corps, l'expression de son visage, la crispation de ses membres, tout en elle exprimait la haine. La haine causée après la tristesse de l'abandon. Après son départ, elle était restée seule, puis avait regagné son territoire, ralliant de nouveau sa Famiglia mafiosa, reprenant ses habitudes. Mais elle s'était encore plus endurcit, car le désespoir de l'abandon d'une personne aimée, ça elle n'avait jamais connu. A présent, elle avait tout vécu, et jusqu'alors, jamais pardonné. Alors il était clair qu'Adam, présent en face d'elle, l'ayant tant fait souffrir n'aurait pas le droit à sa clémence. Tout ce à quoi elle aspirait était son départ, total et définitif.
Derrière elle, le loup au regard flamboyant sifflant de la rage transmise par sa compagne d'arme, le poil hérissé et les yeux sauvages.
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MessageSujet: Re: Y'a quelqu'un ? [PV Jeni D. Yumi]   Jeu 12 Fév - 8:38



&


Y'a quelqu'un ?




Un grondement sourd pousse mon instinct à la méfiance. Je sens en moi l'adrénaline monter doucement, pourtant je reste parfaitement immobile. Une remarque sarcastique s'élève de la pièce du fond et je tique. Comme si j'en avais quelque chose à foutre, de sa vie. Puis je réalise que c'est une voix féminine. C'est bien rare de trouver des femmes dans ce milieu-là. Quoi que, pas plus que dans la mafia, en fait. Je soupire doucement, et je fixe mon regard sur le dessin devant moi. J'espère seulement qu'il sera assez précis pour que le type, ah non, la fille, puisse me faire quelque chose de correct. Je sens l'air se déplacer en même temps que la propriétaire des lieux, et elle me rejoint près du comptoir. Je ne m'emmerde jamais à tourner ma tête pour mieux voir à qui j'ai à faire. J'attends toujours que la personne se retrouve, volontairement ou non, en face de moi. Aujourd'hui, j'aurais peut-être dû tourner la tête un peu plus tôt. Clope au bec, Jeni ne me porte pas une seule attention. Elle détaille immédiatement mon dessin et dans ma tête, c'est la débandade. Mon coeur accélère brusquement, mon oeil valide refuse de se détacher d'elle, et un noeud douloureux se forme dans ma gorge. Elle est ici, après tout.

- C'pour où ? Quelles dimensions ?

Et elle pose enfin son regard vairon sur moi. Je reste silencieux un long moment, le visage indéchiffrable, alors qu'à l'intérieur c'est une cacophonie d'émotions et de sensations. Je me souviens chaque instant passé avec elle, chaque larme versée, toutes les nuances de douleurs que j'ai ressenti à ses côtés. Je me rappelle de tout, et de rien à la fois. Elle me regarde comme si elle venait de voir apparaître son pire cauchemars. Je lis dans ses yeux, toute la haine qu'elle éprouve à mon égard. La question que je me pose, c'est de savoir si elle me haie parce que je suis parti, ou parce que je suis revenu. Et le pire, c'est qu'je n'suis même pas là pour elle. Je suis arrivé ici par pur hasard, j'étais persuadé qu'elle était encore là-bas, au pensionnat. Et l'inévitable arrive, son visage se crispe sous mon silence et elle me toise, avant d'attaquer la première. Je n'sais pas trop ce que je suis sensé faire, je n'avais pas envisagé de la revoir. Je m'étais dis qu'elle était bien mieux où elle était, qu'après m'avoir oublié elle vivrait de nouveau normalement. Elle ne méritait pas de porter tout ça avec moi, je voulais seulement qu'elle soit heureuse, et ma distance me paraissait inévitable pour ça. Et maintenant, je doute profondément.

- Qu'est-ce que tu veux ?

Toi. Je me rappelle des traits de ton visage, de la forme de tes courbes, de la douceur de ta peau. Je me rappelle que tu as toujours eu les mains froides, mais que sur mon torse elles ont toujours eu leur place. Je me rappelle que tu étais là quand la douleur m'assaillait, et que j'ai tenté d'être là quand toi, tu avais besoin de quelqu'un. Je me rappelle que je t'aime, Jeni, même si tu as déjà oublié tout ça. Je soupire, tous mes muscles se détendent et mon regard s'emplit d'une tendresse infinie. Alors, elle a déjà passé plusieurs cap du deuil. Elle est en colère contre moi. Et bientôt, déjà, elle se résignera et passera à autre chose. Peut-être que je suis déçu, au fond. Peut-être que j'aurais aimé la retrouver plus tôt, avant qu'elle ne passe toutes ces étapes. J'aurais peut-être préféré la retrouver à la première phase, celle du désespoir. Ou à la seconde, éventuellement, celle de la culpabilité. Mais elle a avancé beaucoup plus vite que moi, et je ne saurais freiner son chemin. Je ne peux qu'être heureux, je suppose, qu'elle soit capable de m'oublier si vite. Mais je n'y arrive pas, et au lieu de ça j'ai terriblement mal, à l'intérieur. J'ai perdu la seule que j'ai aimée.

- Sur le pectoral, c'est possible ? Le gauche.

Ma voix est basse, particulièrement calme. Je contiens à la perfection ces sentiments qui me brûlent et consument mon âme avec véhémence. Il fallait bien que ça arrive, après tout. C'est peut-être encore trop tôt pour moi, mais je ne pouvais pas la fuir sans cesse, d'autant que j'ignorais totalement son parcours. J'avais si souvent penser à retourner au pensionnat, dans l'espoir de la revoir. J'avais si souvent imaginer la retrouver, à l'époque où je contrôlais enfin le loup en moi. Jusqu'à sa disparition, quand Isha est apparu dans ma vie. Tout ça est terminé. Cette vie fait partie du passé, c'est ce que me disent ses yeux furieux et ... Nocturne. Je sens que c'est lui, j'en suis intimement convaincu. Elle m'a peu parlé, mais elle m'a parlé, quelques fois. Alors, ces grondements sourds et ce regard menaçant ne peuvent être qu'à lui. Je ne lui porte pas attention, il n'est pas celui que je désire. C'est elle que j'aime, et que j'ai éjecté de ma vie sans prévenir, en disparaissant simplement. Evelyn m'a longtemps reproché ça, d'être parti. Mais je ne pouvais me résigner à lui faire mes adieux, ou je ne serais jamais parti. Elle ne comprendrait pas mes choix, aussi je ne cherche pas à les lui faire partager. Un jour, peut-être, serons-nous capables de passer au-desus de cette épreuve douloureuse.

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MessageSujet: Re: Y'a quelqu'un ? [PV Jeni D. Yumi]   Sam 14 Fév - 18:09

Y'a quelqu'un?
Jeni& Raven

Qu'est-ce que je déteste le plus? Que tu sois partit, ou que tu sois revenu... On avait dit stop. La musique s'était arrêtée, t'étais pas censé réapparaître...

Le dénommé Raven annonça l'emplacement qu'elle avait demandé d'une voix basse, très basse.

- Sur le pectoral, c'est possible ? Le gauche.

La brune lâcha son regard tendre de ses deux orbes enflammées et lui tourna le dos. Il ne méritait pas sa colère. Il ne méritait pas qu'elle fasse attention à lui. En fait, ce lâche ne méritait rien de sa part.

Elle alla déposer la feuille sur sa table de travail et lâcha d'une voix redevenu neutre.

-J'ai d'mandé la taille.

De l'armoire qui se trouvait à sa droite, la mafieuse sortit une lourde boîte métallique, qu'elle balança sans plus de délicatesse sur le verre de la table. L'objet s'ouvrit après plusieurs cliquetis et la brune en sortit quelques outils.
Ses lèvres se pincèrent afin d'émettre un sifflement strident. L'une des oreilles du loup s'éleva et pour rejoindre sa maîtresse. Sa truffe froide se glissa dans la main de la demoiselle comme l'animal fit demi-tour pour réclamer une caresse que celle-ci lui donna sans tarder.

L'artiste donna un coup de talon dans les pieds de la chaise destinée aux clients, comme pour lui indiquer de venir s'asseoir. 'tain si seulement elle avait eu un assistant.
Elle ne voulait pas le voir. Alors elle tachait de l'ignorer. Mais dur dur d'ignorer un homme qu'on a aimé et que l'on va devoir toucher pendant... longtemps, afin de satisfaire sa demande. Formulé ainsi, on dirait qu'elle s'apprêtait à lui faire des choses perverses. Mais non, non mes petits, à cet instant la demoiselle pensait à tout sauf à ça.

Qu'est-ce qu'tu fous là, bâtard? Casse toi putain

La louve marqua un arrêt et porta son regard bicolore sur le futur tatouage. Un katana... Il était vraiment beau. Il ressemblait au sien en fait... Elle secoua la tête et glissa ses doigts entre ses mèches afin de les rassembler en catogan. Après quoi, elle se retourna, un air professionnel et neutre plaqué sur le visage. Elle ne le voyait pas. Seul le client était là, rien d'autre.

Va-t-en. Je voulais pas que tu reviennes putain. Casse toi espèce de lâche, espèce d'enfoiré barre toi putain!

-'spèce de lâche...

Ses paroles avaient franchit le seuil de ses lèvres inconsciemment. Heureusement, elles étaient suffisamment basses pour que l'individu ne les entendent.
La jeune femme prit un calepin posé plus loin ainsi qu'un stylo. Son registre de passage. Elle notait qui passait, l'heure, la demande.

-J'le mets à quel nom?

En fait, elle ne voulait pas savoir...

HRP : .

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MessageSujet: Re: Y'a quelqu'un ? [PV Jeni D. Yumi]   Mar 17 Fév - 12:29



&


Y'a quelqu'un ?




Elle est furieuse. Mais elle garde pour elles tous les sentiments qu'elle ressent. Elle ne m'assaille pas de questions, elle ne cherche pas à savoir pourquoi je suis parti, où je suis allé, et surtout pourquoi je l'ai laissée là-bas, sans rien lui dire. Elle se retourne, je fixe son dos. Ses omoplates que j'ai longtemps caressés, ses épaules que j'aimais embrasser. Le creux de ses reins, dans lequel tombent ses cheveux dans une cascade ébène. Elle n'a pas changé, elle est toujours Jeni, et je suis toujours aussi fou amoureux d'elle. C'est con, non ? D'abandonner une fille et finalement, de l'aimer toujours autant après tout ce temps. Et pourtant je ne cherche même pas à le nier. Je n'essaie même pas de me convaincre du contraire. Après tout, elle est la seule qui a su me faire vivre. Elle s'éloigne de quelques pas en emportant mon dessin. Elle ne comprend pas ce qu'il représente pour moi. Elle ne cherche pas à savoir, elle ne le veut probablement pas. Peu importe. Je suis venu ici pour la graver sur ma peau, je ne m'arrêterais pas sous prétexte que c'est elle-même qui le fera. Je veux être sien à jamais, et ce n'est pas sa colère qui m'empêchera de l'aimer. Ca n'a jamais été le cas. Je n'ai jamais pu oublier.

- J'ai d'mandé la taille.

Je me tourne vers elle, de manière à la voir. Elle est parvenu à reprendre son calme, la surprise à disparu de ses traits et ses muscles ne sont plus aussi tendus. La maîtrise de soi à toujours été son fort. Elle n'a pas changé. Je reste impassible de longue secondes, à la contempler, parce que pour l'heure je ne désire rien d'autre. J'appuie mes coudes au comptoir, dans mon dos, et je la détaille ainsi tandis qu'elle prépare ses affaires. Rien ne presse, pour moi, et même si elle m'en veut, je n'ai pas l'intention de filer d'ici rapidement. Je veux profiter de ce moment que je m'octroie, même si elle n'est pas d'accord. Son compagnon répond vivement à son appel. Fut un temps, ce n'est pas un loup qu'elle appelait pour être réconfortée. Mais toute cette époque semble révolue, et elle a tiré un trait sur notre histoire. J'ai regretté beaucoup de choses dans ma vie. Celle-là est probablement celle que j'emporterais dans ma tombe. Lorsqu'elle est prête, c'est sans délicatesse qu'elle m'indique la marche à suivre. C'est la première fois que je fais ça. Le sait-elle ? A une époque elle connaissait chaque parcelle de ma peau. Se souvient-elle ? Non, je ne crois pas. Elle a rangé tout ça dans les tréfonds de sa mémoire. C'est terminé.

Je me détache enfin du comptoir, sans la quitter du regard, et je m'approche d'un pas volontairement lent. J'aimerais figer le temps, pouvoir arrêter la course de la vie et me délecter de sa vue encore et encore, sans jamais m'arrêter. Le temps est mon ennemi, en cet instant, et je voudrais que le décompte disparaisse de nos existences. Mais ce n'est pas possible. Je dois laisser au passé ce que je lui ai donné, même si c'est ce qui me coûte le plus cher au monde. Je ne suis plus qu'à quelques mètres d'elle, et mes doigts tremblent de désir. Je meurs d'envie de la toucher à nouveau, de caresser sa peau, de goûter à ses lèvres. A-t-elle quelqu'un dans sa vie ? La seule idée de cette question me brise un peu plus. J'ai perdu la seule que j'ai aimée. Difficile de réaliser l'ampleur de la connerie que j'ai faite, et difficile d'en assumer les conséquences. Si seulement le destin nous avait gardés éloignés l'un de l'autre, c'aurait peut-être fini par s'estomper peu à peu, cette douleur insoutenable qui se terre au fond de moi. Mais il a fallu que je sois là, à la regarder vivre loin de moi tout en étant si proche. J'ai l'impression qu'un ravin nous sépare pour toujours.

- J'le mets à quel nom ?

Je pose un regard indécis sur son visage définitivement fermé. Et je réalise qu'après tout ce temps, je ne lui ai jamais dis mon nom. Au final, peut-être était-ce vraiment la meilleure chose à faire, que de disparaître pour toujours. Je la fixe dans les yeux pendant de longues, d'interminables secondes. A quel nom, hein, Adam ? A quel nom doit-elle mettre sa colère, sa rancune, et toute la peine que tu lui as fait subir ? A quel nom, Adam, doit-elle mettre le visage qui l'a abandonné alors qu'elle l'avait aimé ? Un fin sourire se dessine sur mes lèvres. Pas un sourire narquois, ni celui que je lui affichais pour la taquiner à l'époque. Un sourire désolé, comme pour dire "je ne peux pas pleurer, mais je ne saurais être plus malheureux." Mais elle s'en fiche, n'est-ce pas ? Elle se fiche pas mal de ce que je peux ressentir, et peut-être a-t-elle même oublié la manière dont elle lisait en moi, à l'époque. Alors, je soupire et je fixe longtemps son regard qui m'a longtemps hanté et qui a habité mes rêves tout ce temps. Je cherche la réponse dans ses yeux, j'essaie moi-même de me souvenir comment je m'y prenais pour lire en elle. Des bribes reviennent, mais elle se referme chaque fois que je crois passer une cloison supplémentaire. Je ne suis plus rien.

- Tu ne veux pas savoir, alors mets celui que tu connais.

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MessageSujet: Re: Y'a quelqu'un ? [PV Jeni D. Yumi]   Mar 17 Fév - 19:59

Y'a quelqu'un?
Jeni& Raven

Il n'avait pas répondu à sa question. Mais bon, à la vue du dessin et de son...de l'individu, la mafieuse se doutait bien que le tatouage devrait mesurer dans les 20-30 centimètres, à vérifier.

Pendant qu'elle se préparait, Nocturne était sortit de la pièce, comme pour éviter d'être en présence de l'homme qui indisposait tant sa compagne. Celle-ci se rendit compte au moment d'écrire qu'elle ne connaissait pas le nom de son client. Mais quand elle lui demanda, celui-ci ne trouva rien d'autre à dire que:

- Tu ne veux pas savoir, alors mets celui que tu connais.

Le nom qu'elle connaissait? Super intelligent. Comment l’appelait-elle déjà? Speranza?... Non elle ne pouvait pas écrire cela là. Ce mot devait avoir disparu de son coeur, ce n'était pas pour l'inscrire de nouveau à l'encre noir sur un papier qu'elle regardait presque tout les jours.
Pendant qu'elle réfléchissait, Jeni sentait le regard bleu océan du brun dans son dos, la détailler, l'admirer presque. Les loups ont la faculté de ressentir des émotions à courtes distances, et maintenant, la mafieuse faisait tout les efforts du monde pour rester de marbre à la chaleur lointaine que l'homme dégageait. Elle ne savait pas s'il avait confiance du désir qu'il dégageait. Tout ce qu'elle espérait, c'est qu'il n'arrive de son côté qu'à percevoir sa neutralité, voir sa colère.
D'un coup rapide de poignet, son écriture vive inscrivit les mots Raven Smith sur son carnet. Pourquoi Smith? Parce que c'était comme un nom anonyme. L'un des noms les plus courants à vrai dire. Donc, il s’appellerait, Smith.

L'artiste se retourna, fuyant le regard si plein de souvenirs de ce jeune homme attirant. Un coup de talon dans le pied de la chaise, et celle-ci était devant Raven, qui s'était avancé pendant qu'elle avait le dos tourné.
La louve avait une envie irrésistible de tendre les doigts pour le toucher, caresser sa joue et effleurer ses lèvres. Mais non. Un simple coup d'oeil vers l’entrebâillement de la porte de sa chambre où était visible Nocturne lui fit revoir ses envies. Ou plutôt... non. Elle ne devait pas. Elle lui en voulait. Horriblement.
Jeni repensa rapidement à Nirvan, le jeune homme qui avait un lien assez profond avec elle. D'ailleurs il n'y avait qu'une photo d'elle en sa compagnie. Le roux était assis par terre, une canette de bierre dans une main, tandis que la brune avait sa tête posée sur son épaule et semblait dormir. Un lien profond... qu'elle avait, avant qu'elle le revoie, complètement oublié.

Jeni secoua la tête. Plus question d'y penser.

-La taille?

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